Effets du stress chronique

 

Index
Les types de maltraitance
Effets du stress chronique
Troubles du développement psychologique
Troubles des fonctions physiologiques
Répercussions chez l'adulte
Références et liens

 

On comprend pourquoi, quand elle induit un stress chronique, la maltraitance de type parentale ou extra-parentale provoque simultanément d'aussi graves perturbations dans le fonctionnement de l'enfant puisqu'elle a lieu dans cette sphère d'importance capitale de l'existence du jeune enfant en pleine période de structuration de sa personne, de son environnement proche ou plus lointain, de son monde de références: c'est celle de la relation à autrui et quand cet autrui est supposé être un modèle, et qu'il ne l'est pas, supposé aussi qu'il est d'assurer protection, sécurité, amour, affection, tendresse, et qu'il ne remplit pas ces fonctions que l'enfant attend de lui, le monde de cet enfant s'écroule: les troubles du développement apparaissent.

L'ensemble de nos exemples provient le plus souvent d'un stress qui se chronicise au sein des familles là où la maltraitance de forme parentale ou extra-parentale s'exerce sur de jeunes enfants agressés parfois physiquement et/ou sexuellement mais surtout psychologiquement.
A la différence de ce qui peut se passer à l'école, chez une nourrice, ou dans toute autre structure dans laquelle le jeune enfant est placé, s'il y a maltraitance de la part d'adultes ou d'autres enfants, les parents ou les proches parents arrivent le plus souvent à percevoir assez tôt les changements qui apparaissent chez l'enfant et ils réagissent  en conséquence; par contre, dans le cas  de la maltraitance parentale, il se passe un temps assez long avant qu'une personne de l'entourage de l'enfant ne s'aperçoive de sa souffrance à moins que l'un des parents, le père ou la mère, n'ait connaissance lui-même du déséquilibre du parent maltraitant.
Cependant, nous avons aussi recueilli d'autres exemples de maltraitance commise sur des adolescents, filles et garçons qui, sur de longues périodes parfois d'années, restent les victimes silencieuses de harcèlements physiques et/ou psychologiques de la part d'un membre de la famille ou en provenance de pairs.

Et, de plus en plus fréquemment, nous recueillons les exemples d'adultes ayant été victimes quand enfants d'un parent ou d'un proche et/ou, quand adulte, d'un partenaire dominateur, abusif, agressif, violent.

 A travers tous ces exemples, il y a des constantes.

Ce qui frappe chez les uns et les autres, au-delà de la tristesse, c'est l'abattement, la résignation devant des situations de souffrance qui s'éternisent sous forme d'atonie, de perte de la sensibilité (anhédonie) ou avec une sensibilité émoussée, de prostration; c'est le rejet de l'autre, du monde par peur de l'autre et du monde; c'est le repli sur soi  avec conduites d'évitement pour mieux se protéger. Comme il y a la perte ou l'absence d'intérêt pour autrui et le monde, il y a aussi la perte ou le manque d'intérêt pour l'avenir et donc absence d'espoir.

Toutes ces personnes se trouvent donc plus ou moins figées dans le temps et dans l'espace, habitées par leurs peurs, imprégnées par la tristesse: ce qui va provoquer des dysfonctionnements en chaînes et dans beaucoup de shères de la vie, certaines sphères plus atteintes que d'autres, selon les tranches d'âge, sous l'effet du stress chronique qui évolue .
Chez le jeune enfant, parce qu'il est en pleine période de développement dans toutes les sphères de sa vie, tout chez lui risque d'être atteint: sa santé physique, son équilibre psycho-affectif et émotif donc sa personnalité, son développement intellectuel et donc les apprentissages, sa relation aux autres, au monde et à lui-même.

Chez l'adolescent, image de soi, performance scolaire et relations aux autres sont les trois sphères qui restent les plus atteintes.
Chez le jeune adulte, si les réussites professionnelle, sportive, artistique ou autre sont au rendez-vous de l'excellence ou tout au moins de la réalisation des attentes, l'image de soi, la perception de soi en relation au monde et vice-versa, c'est-à-dire tout ce qui relève de l'affect et des émotions en relation à soi-même et à autrui, peuvent être un véritable champ de ruines, le psychisme intime étant le domaine où l'angoisse et la dépression se conjuguent au passé, présent et futur.

 Ces constantes à travers les tranches d'âge que représentent ces différents dérèglements, le négativisme, la tristesse, l'immobilisme psychique, et toutes les formes d'expression de l'angoisse nous font par ailleurs retenir plus un phénomène de rémanence que de résilience en cas de stress chronique explicable par une maltraitance de forme parentale et, à tout le moins relationnelle, à la différence d'un stress causé par un trauma isolé et d'origine non-parentale, non-relationnel (comme une catastrophe naturelle, un acident, une maladie) lequel peut être surmonté à moyen-terme, sans séquelle ou avec de moindres séquelles par l'enfant, l'adolescent, l'adulte.

Reprenons dans le détail les formes symptomatiques des effets du stress chronique  d'origine relationnelle, maltraitance parentale ou extra-parentale, sur l'enfant.
Ces formes symptomatiques s'expriment par des troubles du développement psychologique et des troubles physiques.
Par développement psychologique, on inclut le développement affectivo-émotif avec répercussions sur l'intellect et la socialisation.

                                                                             

                                                                                         

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Copyright © {juin 2007} {Dominique Brunet, Ph.D.}. Tous droits réservés.

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