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Les types de maltraitance |
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I/ Types de maltraitance
Il y a deux types
de maltraitance: la maltraitance physique qui s'exprime sous deux
formes physique et/ou sexuelle et la maltraitance psychologique. Vice-versa, si la maltraitance psychologique peut aussi avoir lieu seule sans qu'il y ait atteinte physique, elle aura elle aussi, en plus de ses effets sur le psychisme de l'enfant, des effets physiologiques à plus ou moins long terme, effets physiologiques qui sont autant de réactions au stress chronique occasionné par un état d'angoisse qui ne se relâche pas et à une tristesse sans fin. La maltraitance physique/sexuelle et/ou psychologique à répétition met l'enfant dans une situation de stress chronique. Il y a maltraitance physique quans l'intégrité du corps de l'enfant est atteinte et qu'il subit des sévices corporels: enfant battu, giflé, violenté, enfant séquestré, enfant privé de nourriture, subissant des attouchements sexuels et/ou violé. Quand ce type de maltraitance est commis, on arrive assez précocément dans le temps à l'identifier. Par contre, il n'en est pas toujours de même avec la maltraitance psychologique, plus difficile à détecter parce qu'elle n'est pas tout de suite perçue dans ses effets pernicieux ni par l'enfant qui en est la victime, ni par l'entourage concerné car, comme tout ce qui a trait au psychisme, le processus de déséquilibre et ses manifestations s'installent de façon insidieuse sur le plus ou moins long terme. En exemples de maltraitance psychologique: 1) les agressions verbales comme les brimades, insultes, jugements négatifs [à commencer par le "tu es un incapable", "tu ne réussiras jamais", "tu es nul", "jamais tu n'y arriveras"]; 2) la carence affective parentale, maternelle et/ou paternelle, avec une ou les deux figures parentales instables, indifférentes, peu présentes ou carrément absentes; 3) la privation du parent aimant et maternant dans les cas de séparation parentale problématique principalement quand le parent qui est craint ou perçu comme "méchant" a obtenu soit la garde totale de son ou de ses enfants, soit une garde alternée mal vécue par l'enfant. Il y a aussi des exemples où la maltraitance est extra-parentale, famille proche ou toute autre personne ayant une relation privilégiée avec l'enfant ou l'adolescent, personne qu'il admire, parent-substitut, éducateur.
Quel que soit son type, physique/sexuel, et/ou psychologique, dans sa forme, parentale ou extra-parentale, le fait d'être maltraité en permanence brise, ralentit ou fait régresser la relation de l'enfant au monde: d'une part, sa relation à la figure parentale et donc, par phénomène de généralisation [une des lois du comportement humain] à plus ou moins court-terme, sa relation à toute personne adulte avec tout ce que cette personne aurait pu représenter en termes de respect, obligations, connaissances, sécurité, protection (d'où les phénomènes d'opposition soit rebellion, négation, scepticisme, doute, manque de confiance de la part de l'enfant et de l'adolescent vis-à-vis des adultes); et, d'autre part, là aussi à plus ou moins court-terme, la perception qu'il va avoir de lui-même, dans ce cas, par processus de feedback (ex: si l'adulte n'est pas gentil avec moi, c'est que je suis vilain; s'il me dit que je ne vaux rien, c'est que c'est vrai; je suis un nul). On vient de répondre de façon globale à la deuxième question, soit:
II/ Pourquoi la maltraitance de forme parentale est-elle si destructrice dans le développement de l'enfant?
Maltraitance physique/sexuelle et/ou psychologique, quand elles s'installent dans une famille et qu'elles sont perpétrées par des adultes, qui plus est quand c'est un père et/ou une mère, mais ce peut-être toute personne ayant une relation privilégiée avec l'enfant, si au mieux celui-ci présente des symptômes du stress subi qui demeurent ponctuels, il risque cependant de rester fragilisé dans sa perception de lui-même sur le long-terme et sa relation tant à autrui qu'au monde en général risque elle aussi d'en être entièrement perturbée et pour longtemps, les séquelles à l'âge adulte les plus communément identifiées étant le manque de confiance en soi avec doute sur soi-même et sur les autres, un état d'anxiété généralisée et une tonalité dépressive de l'affect, à l'origine le ou les parents ayant enlevé à l'enfant la possibilité qu'il puisse croire en eux, de les prendre pour modèles de référence, et surtout de s'en sentir aimé et protégé. Dès son très jeune âge, l'enfant fait, entre autres expériences, celle de l'angoisse la plus difficilement maîtrisable, l'angoisse existentielle, puisqu'il est agressé par une figure parentale en laquelle il ne peut plus croire, auprès de laquelle il ne peut plus se reposer, y compris littéralement (pensons aux troubles du sommeil, cauchemars, pleurs, cris et même convulsions), qui ne le protège plus ou si peu ou que de temps en temps (ce qui a pour but d'intensifier l'angoisse quand on ne sait pas si on va être soutenu, protégé et en sécurité ou pas du tout): l'enfant se trouve seul, face au monde et, en plus, il se sent trahi. Il est fragilisé dans l'ensemble de ses domaines de développement et principalement celui directement visé par l'angoisse: les domaines psycho-affectif et émotif. On se représente dans les cas de graves traumatismes récurrents, par exemple ceux des enfants brutalement séparés de leur parent maternant, l'intensité de l'angoisse vécue par ces enfants et la profondeur de leur désarroi et de leur désespoir quand ils ont été privés de ce parent protecteur qui leur assurait ou qui aurait dû leur assurer amour, affection, tendresse, sécurité et protection. Le monde de ces enfants a basculé et c'est le gouffre sans repères positifs.
[Index]
[Les types de maltraitance]
[Effets du stress chronique]
[Troubles du développement psychologique]
[Troubles des fonctions physiologiques]
[Répercussions chez l'adulte]
[Références et liens]
Copyright © { juin 2007} {Dominique Brunet, Ph.D.}. Tous droits réservés. www.maltraitance-stresschronique.info |